Un essor entrepreneurial se prépare

Malgré l’incertitude économique, de nouvelles données montrent que les ambitions entrepreneuriales des Canadiens atteignent un sommet récent.

According to the annual RBC Small Business Poll, eight in 10 Canadians believe small business ownership is a viable way to earn a living today.

 

Alors qu’une grande partie du Canada attend le dégel printanier, les entrepreneurs se préparent à donner vie à de nouveaux projets. Selon le 'RBC Small Business Poll' 59 % des Canadiens aspirent à lancer leur propre entreprise, soit le niveau le plus élevé enregistré en huit ans. annual RBC Small Business Poll.

Cet optimisme peut sembler aller à contre-courant des manchettes plus pessimistes sur les tensions commerciales, l’inflation, l’affaiblissement du dollar et l’un des taux de chômage les plus élevés parmi les pays du G7. En Ontario, 68 % des répondants adultes de 18 ans et plus aspirent à devenir propriétaires d’une petite entreprise, dépassant largement la moyenne nationale. Les provinces de l’Atlantique suivent à 62 %, tandis que l’Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan sont à égalité à 60 %. Au Québec, 45 % des répondants souhaitent devenir propriétaires d’une entreprise. Dans l’ensemble, selon le sondage, huit Canadiens sur dix estiment que posséder une petite entreprise demeure aujourd’hui une façon viable de gagner sa vie.

Commandé par RBC et réalisé en ligne par Ipsos Canada, ce récent sondage révèle également que les propriétaires d’entreprise sont optimistes quant à leur croissance, malgré les vents contraires économiques. En fait, six sur dix (61 %) ont ajusté leur stratégie d’affaires au cours de la dernière année en raison de la volatilité des marchés, de l’évolution des tendances et de l’adoption de nouvelles technologies, comme l’IA.

Les entreprises canadiennes demeurent optimistes et résilientes

« Comme chaque année, nous voulions mieux comprendre l’état d’esprit des Canadiens à l’égard de l’entrepreneuriat », a déclaré Karen Svendsen, directrice principale, Petites entreprises et partenariats chez RBC, lors d’une entrevue avec Postmediachaque année, nous examinons comment les gens perçoivent le fait de lancer ou de faire croître une entreprise dans le contexte actuel : ce qui les motive, les défis auxquels ils font face, ce qui évolue d’une année à l’autre et les domaines où ils pourraient avoir besoin de soutien. »

« Parfois, c’est une question de nécessité. Les gens n’ont plus cet emploi salarié ou regardent autour d’eux et se disent : “Peut-être qu’il n’y a pas vraiment de certitude, alors c’est peut-être le bon moment pour poursuivre mon rêve et reprendre un peu de contrôle sur mon avenir financier” », a-t-elle expliqué.

Lorsqu’on lui a demandé d’expliquer cet optimisme malgré l’incertitude économique, autrement dit pourquoi les Canadiens ne préféreraient pas un emploi stable de 9 à 5 plutôt que de prendre des risques dans le contexte financier actuel, Svendsen a expliqué qu’il existe souvent une « relation inverse » entre l’entrepreneuriat et les périodes difficiles.

« Parfois, c’est une question de nécessité. Les gens n’ont plus cet emploi salarié ou regardent autour d’eux et se disent : “Peut-être qu’il n’y a pas vraiment de certitude, alors c’est peut-être le bon moment pour poursuivre mon rêve et reprendre un peu de contrôle sur mon avenir financier” », a-t-elle expliqué.

Selon Svendsen, les résultats du sondage dressent le portrait d’un optimisme prudent et d’une forte résilience.

L’entrepreneure chevronnée et experte en technologie Amber Mac affirme ne pas être surprise que davantage de Canadiens souhaitent aujourd’hui lancer leur propre entreprise, malgré les perspectives économiques négatives.

« Je pense que ce que nous avons appris au cours des dernières années, c’est qu’être son propre patron est l’une des meilleures façons d’avoir une véritable liberté quant à la façon dont on choisit d’utiliser son temps. »

« De plus, grâce aux nouvelles technologies comme l’IA, il est plus facile que jamais de lancer, gérer et faire croître une entreprise », a ajouté Mac, qui est établie à Toronto.

Possiblement stimulée par la rhétorique au sud de la frontière, Mac estime également que la montée du sentiment patriotique devrait être saisie comme une occasion par les entrepreneurs.

« Les Canadiens recherchent activement des produits et services locaux… c’est une période incroyablement stimulante pour faire croître une petite entreprise ici au Canada », a-t-elle déclaré.

La technologie peut aider

Il n’est peut-être pas surprenant que 20 % des propriétaires d’entreprise considèrent l’investissement dans la transformation numérique comme une priorité majeure pour les trois prochaines années, selon le sondage RBC sur les petites entreprises. Près du quart (23 %) affirment également que les outils numériques et/ou d’IA sont, ou seront, utiles pour traverser les périodes difficiles.

Dans ma propre petite entreprise, AI tools such as Claude sont également devenus extrêmement précieux lorsque nous créons des scripts pour notre balado et des articles pour notre infolettre », a déclaré Mac. « Notre équipe continue de se concentrer sur des activités de vente et de stratégie à plus forte valeur, mais les outils d’IA nous ont certainement aidés à automatiser des tâches répétitives et chronophages, comme le montage de courtes vidéos verticales pour les réseaux sociaux. »

«Dans ce cas nous utilisons OpusClipqui peut produire une douzaine de courtes vidéos verticales dans le même temps qu’il me faut pour me servir une tasse de café », a-t-elle expliqué.

L’explosion des plateformes d’IA générative peut aider les entrepreneurs disposant de ressources limitées à en faire davantage avec moins.

Mais qu’en est-il lorsque ces organisations deviennent des acteurs beaucoup plus importants?

Les entreprises de taille moyenne ont besoin d’un coup d’accélérateur en IA

Les entreprises de taille moyenne n’adoptent toutefois pas l’IA assez rapidement pour demeurer productives et concurrentielles, soutient Steve Leslie, chef de la direction de Quadbridgeune entreprise montréalaise qui aide les organisations de taille moyenne à adopter efficacement les technologies de l’information, y compris des outils comme l’intelligence artificielle.

« Notre plus récent livre blanc, The State of AI Adoption in Mid-Marketrévèle que seulement 10 % des répondants estiment mettre en œuvre l’IA à grande échelle, tandis que la grande majorité, soit 90 %, se situe encore au stade de l’expérimentation », a déclaré Leslie lors d’une entrevue téléphonique tenue peu avant QBITS, la conférence annuelle de Quadbridge consacrée au développement du leadership TI à Montréal.

« Les organisations canadiennes de taille moyenne avancent plus lentement que les grandes entreprises », et vraisemblablement aussi que les petites entreprises, comme l’illustrent les données de RBC, a-t-il ajouté.

« Le rythme plus lent de l’adoption de l’IA dans les organisations canadiennes de taille moyenne s’explique en partie par le fait que notre marché est principalement composé de petites entreprises et compte moins d’organisations de grande envergure qu’aux États-Unis », a ajouté Leslie. « Les risques et la complexité demeurent des préoccupations importantes, ce qui exige l’appui de la haute direction pour faire progresser l’adoption. C’est là que Quadbridge intervient : en intégrant une IA sécurisée, gouvernée et déployée à l’échelle de l’organisation dans les flux de travail quotidiens. »

Quant à la façon d’aborder cette transition, Leslie explique que Quadbridge commence par évaluer la stratégie de l’organisation et sa volonté d’adopter l’IA, tout en explorant les résultats qu’elle souhaite obtenir grâce à ces technologies émergentes.

« Notre objectif est de donner aux organisations les moyens d’agir, en fournissant aux employés les outils dont ils ont besoin pour devenir encore plus productifs et en démontrant aux dirigeants, aux conseils d’administration et aux investisseurs le rendement qu’ils peuvent espérer obtenir en adoptant intelligemment la technologie comme levier », a-t-il expliqué.

« Les entreprises canadiennes de toutes tailles sont bien positionnées pour connaître une croissance importante », a conclu Leslie. « Elles ne devraient pas avoir peur de passer de l’expérimentation en IA à une mise en œuvre stratégique, mais elles doivent le faire avec rigueur et clarté, puis passer à l’échelle lorsque les conditions sont réunies. »